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Jérusalem capitale d'Israël : Hamas et Fatah divisés sur la stratégie à adopter

Les territoires palestiniens sont traversés par la colère, conséquence de l’annonce de Donald Trump, le président américain, de reconnaître Jérusalem comme capitale d’Israël. Vendredi 8 décembre, la journée a été marquée par la mort de deux Palestiniens à la suite des affrontements avec les militaires israéliens. L’armée de l’Etat hébreu a également procédé à plusieurs frappes aériennes dans la bande de Gaza. Réponse à un tir de roquette en provenance de l’enclave palestinienne et qui s’est écrasé dans la ville de Sdérot. Selon le Hamas, les bombardements de la nuit auraient tué deux personnes. Hamas et Fatah qui ne s'accordent pas sur la riposte ou stratégie à adopter.

Les dirigeants palestiniens étaient engagés dans un processus de réconciliation ces dernières semaines. La déclaration du président américain fait ressurgir les divergences entre les deux camps car pour l’instant le Fatah et le Hamas, les deux principales factions palestiniennes, ne s’accordent pas sur la stratégie à adopter.

D’un côté, le Hamas a appelé à une troisième intifada depuis la bande de Gaza qu’il gouverne depuis dix ans. Rappelons que ce samedi, c'est le 30ème anniversaire de la première intifada qui a éclaté le 9 décembre 1987. Vendredi, les manifestants se sont rassemblés par milliers à la frontière avec Israël et les heurts avec l’armée ont fait au moins deux morts. Vendredi soir et cette nuit, la tension est montée d’un cran, car Israël a répondu à plusieurs tirs de roquettes non revendiqués, par des bombardements sur des positions militaires du mouvement islamiste.

En revanche, en Cisjordanie, où la mobilisation était en demi-teinte, l’autorité palestinienne contrôlée par le Fatah de Mahmoud Abbas est attentiste. Et si elle a appelé les Palestiniens à participer à trois jours de colère cette semaine, elle privilégie clairement la voie diplomatique. Le Fatah réunit ce samedi matin son comité directeur.

Les deux frères ennemis palestiniens sont engagés sur la voie de la réconciliation depuis octobre, mais ils n’arrivent pas à former un front uni et on ne sait pas encore ce qu’il adviendra de ce processus censé se concrétiser avec la reprise du contrôle de la bande de Gaza par l’Autorité palestinienne dans les jours qui viennent.

Par RFI

Au moins 184 morts dans l'attaque d'une mosquée au Sinaï égyptien (TV d'Etat)

Au moins 184 personnes ont été tuées vendredi lors d'une attaque sans précédent contre une mosquée dans le nord du Sinaï menée par des hommes armés à l'heure de la grande prière, l'une des plus meurtrières en Egypte ces dernières années.

L'attaque, qui n'a pas été immédiatement revendiquée, a fait 184 morts et 125 blessés parmi les fidèles, a indiqué la télévision d’Etat égyptienne.

Elle s'est produite autour de la mosquée Al-Rawda dans le village de Bir al-Abed, à l'ouest d'Al-Arich, la capitale de la province du Nord-Sinaï, région où les forces de sécurité combattent la branche égyptienne du groupe jihadiste Etat islamique (EI).

D'après des responsables, les assaillants ont déclenché une explosion avant d'ouvrir le feu sur les fidèles, parmi lesquels se trouvaient notamment des conscrits de l'armée.

Le chef d'un groupe bédouin qui combat l'EI a par ailleurs déclaré à l'AFP que cette mosquée était connue comme un lieu de rassemblement de soufis, adeptes d'un courant mystique de l'islam considéré comme hérétique par le groupe jihadiste.

Depuis 2013 et la destitution par l'armée du président islamiste élu Mohamed Morsi, des groupes jihadistes dont la branche égyptienne de l'organisation Etat islamique (EI) attaquent régulièrement les forces de sécurité égyptiennes dans le nord du Sinaï.

De nombreux policiers et soldats, ainsi que des civils, ont été tués dans ces attaques.

La branche locale de l'EI a également revendiqué plusieurs attaques contre des civils, notamment des chrétiens et des soufis.

Plus de 100 chrétiens, essentiellement des Coptes, ont été tués depuis un an dans des attentats contre des églises ou des attaques ciblées dans le Sinaï et à travers le pays.

En février, les chrétiens d'Al-Arich avaient fui en masse après une série d’attaques violentes visant leur communauté.

AFP

Assises de la presse francophone : Les nouveaux enjeux du journalisme d’investigation

Après Madagascar, où le Maroc a été à l’honneur, c’est Conakry qui accueille jusqu’au 25 novembre 2017 les Assises de la presse francophone. Des Assises qui attirent de plus en plus de monde avec cette année un autre record de participation de plus de 300 professionnels des médias d’une cinquantaine de pays. Ce qui démontre un regain d’intérêt pour l’Union internationale de la Presse francophone.

De nombreux grands responsables des médias francophones ont ainsi consacré leur retour au sein de l’organisation. Il s’agit notamment du Canada qui a décidé de revenir prendre part aux activités de l’UPF. «Le fonctionnement de notre organisation se doit d’être transparent et inclusif et c’est aujourd’hui le leitmotiv du Bureau international», ne manquera pas de souligner Madiambal Diagne, Président international de l’UPF, lors de son discours de l’ouverture des Assises. Une exigence de transparence que s’impose donc l’organisation et qui est d’ailleurs au programme de cette grande rencontre de Conakry dont le coup d’envoi a été donné hier, mercredi 22 novembre.

Les Assises de l’Union de la presse francophone constituent un événement majeur où se côtoient de grandes personnalités médiatiques et politiques et où se discutent les enjeux et les défis auxquels fait face la presse dans le monde francophone.

«Journalisme, investigation, transparence» est ainsi le thème choisi cette année, au cœur des nombreuses préoccupations de la presse.

Ce triptyque soumis à la réflexion des professionnels se trouve au fondement même des sociétés démocratiques car «il n’y a pas, il n’y a jamais eu et il n’y aura jamais de démocratie majeure sans transparence», souligne Michaelle Jean, Secrétaire générale de l’Organisation internationale de la Francophonie dans un message lu par son représentant Tidiane Dioh.

«Or, c’est le journalisme d’investigation, mené avec rigueur, qui met en lumière les imperfections de nos sociétés contemporaines et qui conduit irrémédiablement à la transparence». Il contribue à construire des sociétés ouvertes, innovantes, inclusives et dynamiques.

«Etre journaliste, c’est avoir la ferme conviction de changer positivement le monde. La liberté de la presse ne peut plus être une utopie», indique Ibrahima Kone, le Président de la section guinéenne, hôte des Assises. «Le journalisme d’investigation a un formidable rôle à jouer dans la vitalité du débat démocratique», estime pour sa part Julia Cagé, professeur d’économie, Sciences Po Paris, lors de la conférence inaugurale des Assises.

«Panama Papers», «Paradise Papers», résonnent aujourd’hui de plus en plus comme un tournant dans le journalisme d’investigation qui confirme son entrée fracassante dans la mondialisation et la collaboration transfrontière entre rédactions. Rendre plus lisibles les réalités complexes, mettre en lumière les défaillances des sociétés, débusquer les failles des systèmes internationaux, tels sont aujourd’hui les nouveaux enjeux du journalisme d’investigation. Sa tâche devient ainsi un peu plus exigeante et plus risquée face aux atteintes et aux obstacles qui, selon les régions du monde, se multiplient.

Le péril auquel fait face l’enquête journalistique sera ainsi débattu à Conakry par les professionnels des médias, des représentants des pouvoirs publics, des acteurs des organisations internationales ainsi que de la société civile. «Il sera intéressant de voir lors de ces Assises, comment les médias, pour lesquels les responsabilités envers le public et la démocratie sont plus que totales, confrontent les atteintes à son expression», indique Madiambal Diagne, Président de l’UPF.

Par Meriem OUDGHIRI

Le Zimbabwe met un point final à l'ère Mugabé, plein d'espoirs

Le nouveau président du Zimbabwe Emmerson Mnangagwa a définitivement tourné la page vendredi des trente-sept ans du règne autoritaire de Robert Mugabé sur le pays en prêtant serment devant des dizaines de milliers de partisans pleins d'espoir.

"Moi, Emmerson Dambudzo Mnangagwa, jure qu'en tant que président de la République du Zimbabwe je serai loyal à la République du Zimbabwe et obéirai, soutiendrai et défendrai la Constitution et les lois du Zimbabwe," a-t-il prêté serment dans un stade plein à craquer de la banlieue de Harare.

A 75 ans, M. Mnangagwa prend les rênes d'un pays ruiné, trois jours après la démission historique du plus vieux dirigeant en exercice de la planète, 93 ans, poussé vers la sortie par son armée, son parti et la rue.

Dès l'aube, les habitants de la capitale se sont bousculés aux portes du National Sports Stadium pour acclamer leur nouveau chef de l'Etat.

"Nous sommes très enthousiastes et nous attendons beaucoup de Mnangagwa", a confié à l'AFP une spectatrice, Sharon Mauyakufa, 23 ans, "nous vivons dans une dictature depuis très longtemps".

"Merci à nos soldats", "le peuple a parlé", proclamaient des bannières déployées dans le stade.

Robert Mugabe a été poussé vers la sortie par un coup de force de l'armée, qui a pris le contrôle du pays dans la nuit du 14 au 15 novembre après le limogeage de M. Mnangagwa.

Cacique du régime depuis l'indépendance du Zimbabwe en 1980, celui qu'on surnomme le "Crocodile" a été remercié sur ordre de la Première dame Grace Mugabé, qui lui disputait la succession de son mari, à la santé de plus en plus fragile.

Après avoir résisté plusieurs jours aux pressions des militaires, de son parti, la Zanu-PF, et de la rue, le "camarade Bob" a fini par capituler mardi en présentant sa démission, sous la menace d'une procédure de destitution devant le Parlement.

A la veille de son entrée en fonction, M. Mnangagwa s'est entretenu jeudi avec son prédécesseur, à qu'il a promis, ainsi qu'à sa famille, les "conditions de sécurité et de bien-être maximales", a rapporté le quotidien gouvernemental The Herald.

AFP

Alpha Condé et Emmanuel Macron évoquent l'esclavage en Libye et le Togo

Emmanuel Macron a reçu mercredi après-midi 22 novembre, au palais de l'Elysée à Paris, son homologue guinéen et président de l'Union africaine, Alpha Condé. Au menu de leurs discussions : les relations bilatérales entre la France et la Guinée, le prochain sommet Union européenne-Union africaine à Abidjan, ou encore les crises qui traversent certains pays du continent. Les deux chefs d'Etat ont aussi évoqué, lors d'un point presse, la situation des migrants victimes de trafics humains en Libye.

Le président français n'a pas mâché ses mots pour qualifier la vente de migrants africains comme esclaves en Libye. « C'est un crime contre l'humanité. C'est aussi une des formes de trafics aujourd'hui les plus rentables et qui nourrit les délinquances les plus graves et pour partie des réseaux terroristes. Cette traite des êtres humains génère plus de 30 millions d'euros par an, elle touche malheureusement plus de 2 millions et demi de personnes et 80% de ses victimes sont des femmes et des enfants », a-t-il rappelé.

Dans la foulée, Emmanuel Macron annonce que la France a initié une démarche au sein du Conseil de sécurité des Nations unies devant conduire à ses résolutions concrètes.

A ses côtés, le président de l'Union africaine, Alpha Condé, se montre critique. Pour lui, les Européens ont une part de responsabilité dans ces trafics. « Nous pensons que nos amis de l'UE n'ont pas eu raison de demander à la Libye de garder les migrants, car elle n’a pas les moyens. En Libye, il n'y a pas de gouvernement, donc l'Union européenne ne peut pas choisir un pays en voie de développement pour demander à ce pays de retenir des réfugiés (...). On sait qu'en Libye il n'y a pas de moyens », a-t-il insisté.

Depuis le renversement de Mouammar Kadhafi en 2011, le pays a basculé dans le chaos. La Libye est devenue une voie de passage privilégiée vers l'Europe. Alpha Condé assure que l'Union africaine est en contact avec tous les dirigeants pour tenter de trouver une solution, quitte, dit-il, à « faire revenir nos concitoyens ».

La crise politique au Togo était au menu de la visite d'Alpha Condé en France. Le président de la Guinée et de l'Union africaine a rencontré les leaders de la coalition de l'opposition togolaise mercredi 22 novembre à Paris.

Mon rôle est très simple : c'est de créer un climat apaisé, car nous n'avons pas à dire au Togo ce qu'il doit faire. C'est un Etat souverain. Le Togo est capable de décider de son destin. Nous notre rôle, c'est de faciliter le dialogue.

Et les conditions du dialogue, pour l'opposition, elles sont très claires. Ce sont d'ailleurs les mêmes depuis le début de la contestation. « Il y a la libération des personnes détenues dans le cadre des manifestations, dans l'affaire des incendies d'un marché ; la levée de l'état de siège dans les villes de Mango, Bafilo, Sokodé, la libération des imams de Sokodé et Bafilo, énumère Jean Pierre Fabre, président de l'Alliance nationale pour le changement. Ce sont des mesures qui visent à faire cesser des situations d'injustice, d'arbitraire. Et donc, les mesures d'apaisement n'ont pas de contreparties en ce qui nous concerne. Nous, nous allons toujours maintenir la pression des manifestations. »

Par RFI

Trump signe pour 250 milliards de dollars d'accords commerciaux en Chine

Ces accords concernent de nombreux secteurs dont l'énergie, l'automobile ou encore l'aéronautique. D'après le président américain, ils devraient permettre de réduire le déficit commercial «colossal» des États-Unis avec la Chine.

C'est une véritable moisson d'accords commerciaux que vient de récolter Donald Trump en Chine. Au deuxième jour d'une visite à Pékin, le président américain et son homologue Xi Jinping ont dévoilé des accords pour un montant total de 253,4 milliards de dollars. Ils concernent des secteurs aussi variés que l'énergie, l'automobile, l'aéronautique, l'agroalimentaire ou encore l'électronique. Certains sont certes des protocoles d'accord non contraignants, mais les montants restent vertigineux.

Parmi les entreprises concernées figure Boeing. L'avionneur a signé en Chine un accord portant sur l'achat de 300 appareils pour un prix catalogue total de 37 milliards de dollars. Le constructeur américain a conclu cet accord -qui se compose de commandes fermes et d'options d'achats- avec la centrale China Aviation Supplies Holding Company (CASC), qui acquiert ces appareils pour le compte de compagnies chinoises. Bell Helicopters va quant à lui vendre 50 appareils Bell 505 supplémentaires à l'opérateur chinois Reignwood, s'ajoutant à 60 unités déjà commandées plus tôt cette année. L'industriel Honeywell a, lui, annoncé avoir conclu un accord avec la compagnie aérienne chinoise Spring Airlines pour des équipements destinés à sa future flotte d'Airbus A320neo, sans dévoiler d'engagements financiers.

Alors que la Chine se montre soucieuse de sécuriser ses approvisionnements d'hydrocarbures, trois organismes étatiques chinois, dont le fonds souverain CIC, ont conclu un accord pour exploiter des gisements de gaz naturel liquéfié (GNL) en Alaska, avec jusqu'à 43 milliards de dollars d'investissements prévus. Selon les services du gouverneur de l'État américain, cet accord devrait créer «jusqu'à 12.000 emplois américains» et réduire le déficit commercial américain avec la Chine de «10 milliards de dollars par an».

De son côté, le fabricant américain de semi-conducteurs Qualcomm , l'un des fournisseurs d'Apple, a signé des protocoles d'accord avec trois des principaux producteurs de smartphones chinois, Xiaomi, Oppo et Vivo. Il pourrait leur vendre pour «environ 12 milliards de dollars» de semiconducteurs sur les trois prochaines années, a-t-il indiqué dans une déclaration obtenue via la diplomatie américaine.

Mais aussi Caterpillar, DowDuPont, JD.com...

La banque d'affaires Goldman Sachs va de son côté établir avec le fonds souverain CIC un «fonds de coopération» visant cinq milliards de dollars d'investissements dans des entreprises américaines en affaires avec la Chine, dans le but avoué «d'améliorer la balance commerciale».

DowDuPont, la nouvelle entreprise américaine née de la fusion finalisée fin août des groupes d'agrochimie Dow Chemical et DuPont, s'est entendu avec la startup des vélos partagés chinois Mobike pour développer des matériaux de bicyclette plus légers -ce qui pourrait doper les exportations américaines de polyuréthane.

Toujours selon un communiqué obtenu de source diplomatique, le fabricant américain d'engins de chantier et de construction Caterpillar a signé un accord de coopération stratégique de cinq ans avec le mastodonte China Energy, numéro un mondial de l'énergie né cet été du mariage entre deux groupes étatiques. Aucun détail financier n'était fourni.

Dans l'agroalimentaire, JD.com, spécialiste chinois de la vente en ligne, s'est engagé, selon un communiqué du groupe, à acheter pour plus de deux milliards de dollars de produits aux États-Unis sur les trois prochaines années, dont 1,2 milliard de dollars de viande de boeuf auprès de l'association d'éleveurs du Montana et d'articles de porc auprès du géant américain Smithfield Foods.

Le Figaro

Panne géante chez l'hébergeur français OVH

L'entreprise française subissait jeudi matin une panne électrique géante, pénalisant plusieurs sites Internet en France.

Dure matinée pour OVH. L'entreprise française, spécialisée dans l'hébergement de sites et de données pour les professionnels, est victime d'une panne électrique géante depuis jeudi matin. En conséquence, de nombreux sites et services dépendant de ses activités sont inaccessibles, ou souffrent d'une navigation très lente. C'est par exemple le cas du site de BFM Business, du média spécialisé 01net ou de Cozy Cloud, start-up d'hébergement respectueux de la vie privée pour les particuliers. Octave Klaba, PDG d'OVH, a reconnu la panne et a assuré que ses équipes travaillaient actuellement au rétablissement de la situation.

D'après lui, son entreprise a subi un enchaînement de problèmes. L'un de ses centres de données situé à Strasbourg n'est plus alimenté en électricité depuis jeudi matin, ce qui entraîné l'arrêt automatique d'une partie de ses serveurs, où sont hébergés les sites et services de ses clients. Les groupes électrogènes, censés pallier ce genre d'ennuis, n'ont pas fonctionné. Par ailleurs, le réseau optique reliant deux autres centres, par par lequel transitent un très grand nombre données, lui a également fait défaut. Le PDG d'OVH n'a pas précisé les raisons d'une telle panne, ni si les deux évènements étaient liés.

OVH se spécialise dans l'hébergement de site et d'autres services de cloud. Fondé à Roubaix, il est le plus gros acteur européen sur son secteur et revendique plus d'un million de clients dans le monde. Il est rare qu'OVH souffre de problèmes d'une telle ampleur. En 2016, l'entreprise avait fait face à une attaque informatique géante impliquant des centaines de milliers d'objets connectés.

Par Lucie Ronfaut

Catalogne : Rajoy dissout le Parlement catalan et convoque des élections

Le Parlement de Catalogne a adopté ce vendredi 27 octobre une résolution déclarant que la région devient un « Etat indépendant prenant la forme d'une République ». A Madrid, le chef du gouvernement espagnol annonce la destitution du Parlement catalan et des élections régionales le 21 décembre.

L'essentiel :

Le Parlement catalan a proclamé l'indépendance de la Catalogne par 70 voix pour, dix voix contre, et deux votes blancs, en l'absence de l'opposition.

A Madrid, le Sénat espagnol a approuvé à 214 voix contre 47 et une abstention le recours à l'article 155 de la Constitution, plaçant la région sous tutelle.

Le chef du gouvernement central Mariano Rajoy destitue Carles Puigdemont et son gouvernement, et dissout le Parlement catalan.

L'Union européenne refuse unanimement de reconnaître la déclaration d'indépendance.

(Les horaires sont indiquées en heure de Paris et d'Espagne)

20h42 : A son tour, le Canada se prononce en faveur d'une « Espagne unie ». « Suivant les principes légaux internationaux reconnus par la Cour suprême du Canada, ces décisions doivent être prises au sein du cadre constitutionnel », a affirmé Andrew Leslie, le secrétaire parlementaire de la ministre des Affaires étrangères Chrystia Freeland, rejetant par conséquent la déclaration unilatérale d'indépendance du Parlement catalan.

« Un dialogue entre l'Espagne et la Catalogne au sein du cadre constitutionnel demeure la meilleure voie à suivre », a-t-il estimé.

20h34 : A l'issue d'un Conseil des ministres extraordinaires, le chef du gouvernement central Mariano Rajoy annonce la destitution du président de la Generalitat Carles Puigdemont et son gouvernement, et la dissolution du Parlement catalan. Il annonce des élections régionales le 21 décembre.

Par RFI

Dossiers régionaux : convergence de vue entre Alpha Condé et Alassane Ouattara

Alassane Ouattara, le président ivoirien, était ce jeudi 26 octobre en Guinée, à Conakry, pour une visite de quelques heures. Cette visite lui a permis d'évoquer des sujets d'actualités avec son homologue Alpha Condé, président en exercice de l'Union africaine. Compte-rendu de la rencontre entre les deux dirigeants.

Qu’il s’agisse de la crise togolaise, de la monnaie unique sous-régionale, du sommet Union africaine-Union européenne fin novembre prochain à Abidjan, tout a été abordé par les deux chefs d’Etat guinéen et ivoirien. Une convergence de vues entre Alpha Condé et Alassane Ouattara, qui permettra notamment de trouver une issue heureuse à la crise togolaise.

« Il est extrêmement important que les choses évoluent de façon pacifique au Togo et qu’on ait vraiment une solution pour permettre au peuple togolais de continuer son avance », a déclaré Alpha Condé.

Débat sur la présence des Sarahouis au sommet d'Abidjan

Autre affaire qui risque de faire perdre le sommeil au président de l’Union africaine, c’est le sommet Afrique-Europe prévu les 29 et 30 novembre à Abidjan, avec le duel Algérie-Maroc au sujet de la participation ou non de la République arabe sahraouie démocratique. Même si les deux chefs d’Etat ne l’ont pas dit en public, le Maroc et ses alliés sont fermes. Et c’est non ! Alors que l’Algérie, soutenue notamment par l’Afrique du Sud et le Zimbabwe, souhaite la participation des Sahraouis à ce sommet.

« Le sommet a été organisé par l’Union africaine. Nous verrons maintenant sur place pour que tout se passe très bien, sans qu’il n’y ait d’incidents. Ce sommet ne fera pas éclater l'Union africaine, quelles que soient les divergences, nous allons marcher ensemble », précise le président guinéen.

RFI

Présidentielle Kenya : face aux tensions, report du scrutin dans quatre comtés

Nouveau revirement au Kenya. Après l'élection de jeudi 26 octobre et les fortes perturbations, le scrutin dans 4 comtés de l'ouest du pays avaient été reportés à samedi. Finalement, la Commission électorale vient de reporter à nouveau ce vote sine die. Le président de l'IEBC dit avoir pris cette décision pour des raisons de sécurité.

C'est un Wafula Chebukati très inquiet pour la vie de ses agents qui a annoncé la nouvelle. Le président de la Commission électorale a reporté le vote sans même pouvoir donner de nouvelle date. Il a expliqué que des représentants de l'IEBC avaient été enlevés, torturés, leurs maisons cambriolées, pillées. « D'autres ont été chassés de chez eux et contraints de se réfugier dans des commissariats », a expliqué Wafula Chebukati qui a donc choisi la prudence après une nouvelle journée de tensions.

Des échauffourées ont éclaté dans plusieurs villes de l'ouest du pays entre manifestants et forces de sécurité. Violences également à Nairobi dans le quartier de Kawangware. Preuve que la détermination des supporters de l'opposition n'est pas retombée et que si le scrutin avait été maintenu, les affrontements auraient été inévitables.

D'ailleurs, avant l'annonce du report, l'opposition avait pris soin de garder ses troupes mobilisées en diffusant un communiqué enflammé et en appelant à nouveau au boycott. Raïla Odinga avait de son côté pris un bain de foule surprise dans son fief de Kibera.

Selon l'IEBC, plus de 3 500 bureaux n'ont toujours pas pu ouvrir, soit 9% du corps électoral. On se demande si le vote pourra s'y tenir un jour ou si la Commission électorale laissera tomber. Une décision qui minerait un peu plus le taux de participation et la légitimité d'un président Kenyatta certain d'être réélu. En face, Raila Odinga prouve encore une fois qu'il reste incontournable sur la scène politique kényane.

Ambiance à Kisumu, bastion de l'opposition

Vers 18h30, quand la nouvelle du report de l'élection est tombée, l'atmosphère a changé du tout au tout. Les jeunes en colère qui érigeaient des barricades pour empêcher une distribution du matériel électoral dans la nuit ont reposé leur pierres. Quelques minutes plus tard, on entendait des klaxons et des cris de joie dans la ville.

Tout est rapidement revenu au calme ce soir, selon un habitant de Kondele, le bidonville le plus touché par les violences. Même situation à Nyalenda, un autre quartier populaire. Selon un habitant, l'IEBC a pris une bonne décision, car, dit-il, on ne peut pas forcer les gens à voter. Un autre affirme que la Commission devrait annuler la totalité du scrutin « car cette élection va seulement exacerber les divisions dans le pays » dit-il, avant de soupirer « qu'ils viennent reprendre leurs urnes, et qu'ils rapatrient leur policiers, que nous puissions retourner à nos vies normales »...

Il semble que la Commission électorale n'ai pas eu le choix, face à la situation sécuritaire qui se déteriorait d'heure en heure dans l'ouest du pays. Les nombreux groupes de jeunes en colère terrorisaient les agents de l'IEBC et juraient d'empêcher la tenue du scrutin, faisant craindre de nouvelles violences ce samedi. Le gouverneur du comté, lui, n'est pas convaincu : « Ils ont repoussé, bien », dit Peter Anyang' Nyong'o, tout en ajoutant : « Mais nous espérons que c'est pour toujours. Car sinon, la situation sera la même ».

Par RFI

Catalogne : deux jours décisifs pour la nation espagnole

L'avenir de la Catalogne et celui d'une Espagne unie se jouent jeudi et vendredi devant les élus de Barcelone et Madrid.

Journées historiques ou énième tour de passe-passe rhétorique? Les agendas du Parlement catalan et du Sénat espagnol s'annoncent chargés et vont contraindre les indépendantistes à sortir du bois et à arbitrer entre leurs deux courants, modérés et radicaux. Ce jeudi à 16 heures, le président régional, l'indépendantiste Carles Puigdemont, doit prononcer un discours devant son Parlement au sujet des mesures que Madrid entend prendre pour mettre la région sous tutelle, en vertu de l'article 155 de la Constitution. À la même heure, une commission du Sénat doit évaluer ces mêmes demandes de l'exécutif, avant de les voter vendredi. Les pouvoirs réclamés par Madrid prévoient notamment la destitution de Puigdemont et de l'ensemble de son gouvernement. Vendredi, le Parlement catalan pourrait aussi tenir une nouvelle session.

Les sécessionnistes sont divisés sur le contenu à donner à ces journées parlementaires. D'un côté, une aile jusqu'au-boutiste exige une déclaration d'indépendance en bonne et due forme, quelles qu'en soient les conséquences ; de l'autre, l'aile modérée cherche une voie pour sauver les institutions catalanes de la tutelle de Madrid.

L'issue de secours a été indiquée à demi-mot par le gouvernement de Mariano Rajoy. Si Puigdemont dissout le parlement autonome et convoque des élections régionales classiques de manière anticipée, comme c'est encore sa prérogative, alors Madrid pourrait enterrer l'application de l'article 155. Ce message, envoyé par des sources gouvernementales par l'intermédiaire de la presse espagnole, a toutefois été altéré par quelques nuances ces derniers jours. Le ministre de la Justice, par exemple, exige de nouvelles conditions: «Déclarer expressément si la déclaration d'indépendance a eu lieu ou non (après le discours ambigu de Puigdemont le 10 octobre, NDLR), reconnaître l'obligation des institutions catalanes de respecter la loi, la Constitution et les décisions des tribunaux.»

Deux univers parallèles

Alliés de circonstance dans la défense de l'unité de l'Espagne et l'application de l'article 155, les socialistes (PSOE) souhaitent que la tutelle de Madrid soit abandonnée si Puigdemont renonce à déclarer l'indépendance et convoque un scrutin régional. «Il est encore temps de convoquer des élections en Catalogne, juge ainsi Josep Borrell, ancien ministre socialiste et ex-président du Parlement européen, très actif sur le front unioniste. Les milieux économiques et une partie du PDeCAT (le parti indépendantiste de centre droit dont est issu Puigdemont, NDLR) font pression dans ce sens», affirme-t-il lors d'une rencontre avec la presse étrangère.

Mardi, des représentants de la CUP (extrême gauche indépendantiste) ont indiqué, pour s'en indigner, qu'une proposition de convocation d'élections était «sur la table du gouvernement catalan». L'un des plus grands défenseurs de cette voie est le ministre régional des Entreprises, Santi Vila. Plus de 1500 entreprises catalanes ont transféré leur siège social hors de la région depuis le référendum d'autodétermination, organisé le 1er octobre dans des conditions très contestables et marqué par de violentes charges policières. À l'inverse, pour ERC (centre gauche indépendantiste), Marta Rovira lançait: «Nous avons déjà un mandat démocratique: celui du référendum du 1er octobre (remporté à 90 % par les indépendantistes, selon ses organisateurs, NDLR). C'est la seule manière de faire face à la répression politique et à l'article 155. Avançons dès maintenant vers la République!» Si la voie qu'elle propose était suivie, la Catalogne pourrait entrer dans deux univers parallèles: République indépendante dans les esprits des sécessionnistes, région espagnole sous tutelle pour les unionistes et selon la loi en vigueur.

Par Mathieu de Taillac

Kenya : élection présidentielle à haut risque

L'élection présidentielle aura bien lieu ce jeudi 26 octobre au Kenya. Le chef de la commission électorale l'a confirmé dans l'après-midi. Le scrutin est boycotté par l'opposition, son chef de file, Raila Odinga n'y participe pas. Ce mercredi après-midi ce dernier a réuni plusieurs milliers de partisans dans la capitale Nairobi. Le chef de file de l'opposition kényane leur a demandé de ne pas aller voter. De son côté, le président Uhuru Kenyatta exhorte ses concitoyens à la «paix» pour le scrutin de demain, organisé après l'invalidation par la Cour suprême de l'élection du 8 août.

« Ne participez pas à cette élection truquée », a demandé l’opposant à ses supporters habillés tout en orange, la couleur de son parti. Un nouvel appel au boycott donc, auquel Raila Odinga a apporté des précisions cette fois. Il a demandé à ses partisans de convaincre leur entourage de ne pas aller voter. Il leur a conseillé d’organiser des prières ou de rester à la maison.

Pour le leader de la Nasa, il s’agit de protester contre une élection «anti-démocratique» mais aussi sauver des vies. « Nous savons que le régime est prêt pour utiliser n’importe quelle excuse pour massacrer notre peuple », a déclaré Raila Odinga.

Ne participez en aucun cas à cette élection honteuse. Convainquez vos amis, vos voisins, et toute autre personne de ne pas participer au scrutin. Nous conseillons aux Kényans, attachés à la démocratie et à la justice, d'organiser des prières, loin des postes de police ou de rester chez eux. Nous sommes conscients que le régime assoiffé de sang prévoit d'utiliser n'importe quelle excuse pour massacrer les nôtres. Ne leur offrons pas cette opportunité. A partir d'aujourd'hui, nous transformons la coalition de la Nasa en un mouvement de résistance.

Raila Odinga annonce la transformation de la Nasa en un mouvement de «résistance»

A plus long terme, l’opposant a annoncé qu’à partir d’aujourd’hui, la coalition Nasa se transformait en mouvement de résistance. Pour lui cela veut dire une posture de désobéissance, cela passe par le boycott des biens, services et produits qui bénéficieraient au pouvoir. Il a aussi convoqué une assemblée du peuple pour le retour de la démocratie et de mobiliser toutes les forces en faveur d’une nouvelle élection dans les prochains 90 jours.

Le président Uhuru Kenyatta a appelé à « faire prévaloir la paix »

Le président kényan a parlé à son tour. Uhuru Kenyatta a dit qu’il était temps d’arrêter d’être dans la politique, dans l’incertitude, et qu’après cette élection, tout le monde devait travailler ensemble pour rattraper le temps perdu. Le chef de l’Etat a ajouté qu’il ne laisserait pas l’anarchie s’installer, que ceux qui n’étaient pas d’accord avec ce scrutin devaient rester dans le cadre de la loi et qu’il protégerait les Kényans.

A Kisumu, bastion de l'opposition, « il n’y aura pas d’élection », selon les sympathisants de la Nasa

Un homme a été blessé par balle lors d'affrontements entre les manifestants et la police autour du quartier de Kondele à Kisumu ce mercredi 25 octobre en fin d'après-midi.

Par RFI

Épidémie de peste à Madagascar : «Tous ces morts pourraient être évités»

Le bilan de l'épidémie de peste à Madagascar dépasse désormais le cap des 100 morts. Au total, selon le dernier bilan du ministère de la santé malgache, 124 personnes sont décédées. Un millier de personnes a été infecté par la bactérie. L'épidémie revient tous les ans depuis les années 1980. Mais la peste est particulièrement violente depuis le mois d'août.

Hôpitaux, soignants, chercheurs sont mobilisés à Madagascar contre la peste. Mais le bilan s'aggrave chaque semaine. Le docteur Charlotte Ndiaye de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) est sur place. L'épidémie a pris racine dans les zones rurales. C'est qu'il y a « un contexte de pauvreté dans ces zones qui entraîne l’apparition de cette maladie chaque année. Mais cette fois nous avons une épidémie particulière, une épidémie urbaine », explique à RFI Charlotte Ndiaye.

La maladie est aussi plus violente. La peste pulmonaire est désormais majoritaire. Cette forme se transmet plus facilement que la peste bubonique. Notamment dans le cercle familial. « Nous avons 61 décès communautaires. Cela veut dire (qu’il s’agit) des malades qui sont morts chez eux. Cela exprime toute la difficulté de cette épidémie... une maladie stigmatisante et la communauté a du mal à venir à l’hôpital chercher des soins ». Or « c’est une maladie traitable, que l’on peut prévenir. Tous ces morts pourraient être absolument évités », insiste le médecin.

RFI

Harcèlement sexuel : le cas Harvey Weinstein secoue Hollywood

Les témoignages se multiplient sur les agressions sexuelles perpétrées par Harvey Weinstein, « roi » désormais déchu d'Hollywood. Dans la foulée des premiers témoignages publiés par la presse en début de semaine, plusieurs femmes se révèlent avoir aussi été victimes du producteur. Hier, c'est la star française Léa Seydoux qui, dans une tribune, révèle en avoir été l'une des nombreuses victimes.

Une vingtaine d'actrices, mannequins et anciennes employées ont désormais accusé, à visage découvert pour la plupart, le producteur de cinéma américain Harvey Weinstein de harcèlement sexuel ou d'agression sexuelle sur une période remontant aux années 1990. Lui réfute, via sa porte-parole, toutes les accusations.

Certaines parlent de « libération » lorsqu’elles osent enfin révéler leur lourd secret, rapporte notre correspondante à Washington, Anne Corpet. Beaucoup évoquent la peur qui les tenaillait à l’idée de ne plus travailler si elles racontaient l’agression dont elles avaient été victimes. La honte aussi. Lauren Sivan, journaliste à la télévision américaine, a raconté avoir été contrainte de regarder Harvey Weinstein se masturber devant elle.

« Il bloquait la seule issue. Vous savez, à cette époque, j’avais vingt ans, je ne savais pas quoi faire. Je voulais juste m’échapper le plus vite possible. Donc quand j’ai vu qu’il avait terminé ce qu’il avait à faire, j’ai juste dit : "c’est fini ? Je peux partir maintenant ?" Et je me suis enfuie », a-t-elle raconté.

Et de plus en plus de proches du producteur prennent aussi la parole pour exprimer parfois leur surprise, souvent leur dégoût. Sa femme aurait annoncé mardi soir sa séparation à son site people.

Ce mercredi soir Hillary Clinton s’est exprimée pour la première fois. « J’en étais malade. J’étais choquée, j’étais consternée. C’est quelque chose d’intolérable dans tous ses aspects. »

Une déclaration très tardive, selon certains. L’ancienne candidate à la Maison Blanche, qui a reçu beaucoup d’argent de la part du producteur d’Hollywood pour financer sa campagne, a assuré qu’elle reverserait les fonds à des œuvres de charité.

Des témoignages aussi nombreux qu'accablants

Dans une tribune au Guardian (en français), Léa Seydoux, star de La vie d'Adèle et du James Bond Spectre affirme avoir dû « se défendre » pour échapper au puissant producteur qui s'était « jeté sur elle ».

L'actrice Cara Delevingne, du dernier Luc Besson Valérian et la cité des mille planètes, raconte sur Instagram qu'Harvey Weinstein, qu'elle avait suivi à contre-coeur dans une chambre d'hôtel, lui a demandé d'embrasser une femme qui se trouvait là et a tenté de l'embrasser sur la bouche avant qu'elle ne s'échappe.

Par RFI

Catalogne : la Commission européenne derrière le gouvernement espagnol

Le chef du gouvernement espagnol est intervenu mercredi devant la chambre des députés pour réitérer sa position face aux indépendantistes catalans. Mariano Rajoy a donné jusqu'à lundi prochain aux séparatistes pour confirmer si leur leader catalan a déclaré l'indépendance ou pas, lors de son allocution au Parlement catalan. L'exécutif indépendantiste a également jusqu'à jeudi prochain pour revenir dans la légalité. L'Union européenne suit la crise avec inquiétude. La Commission européenne a rappelé avec force mercredi qu'elle attendait un « plein respect de l'ordre constitutionnel espagnol ».

Ni l’ambiguïté des déclarations successives des sécessionnistes catalans, ni l’ultimatum en deux temps lancé à ces derniers par le gouvernement espagnol n’auront en quoi que ce soit modifié la position des institutions de l’Union européenne et de ses pays membres : il n’y aura aucune ingérence dans une affaire interne espagnole. « L’ordre constitutionnel de l’Espagne est gravement mis en péril de l’intérieur », répétait ainsi mercredi soir un haut-fonctionnaire européen, « il n’est pas utile de le fragiliser en plus de l’extérieur ».

De même n’y aura-t-il pas de médiation d’aucune sorte de la part des Européens, du moins, précisent-ils, tant que les deux parties ne l’auront pas demandée – ce qui aujourd’hui paraît durablement exclu.

De même n’y aura-t-il pas de médiation d’aucune sorte de la part des Européens, du moins, précisent-ils, tant que les deux parties ne l’auront pas demandée – ce qui aujourd’hui paraît durablement exclu.

Le soutien explicite à ce dernier est à la mesure de l’inquiétude que suscite dans les milieux économiques l’incertitude croissante sur l’issue de la crise catalane.

Par RFI

Pourquoi Sankara est-il une icône africaine

Sankara ! En Afrique et dans la diaspora, ce nom est devenu synonyme de révolution et d'engagement panafricaniste.

Le capitaine burkinabè est perçu comme un modèle absolu qui défie le temps et les aléas de la géopolitique.

Pourquoi Thomas Sankara est-il aussi central pour une génération qui ne l'a peu ou pas connu?

Le 15 octobre 1987, le commando qui a abattu l'homme a surtout créé un mythe qui, 30 ans après, continue d'être une source d'inspiration.

L'ancien chef d'Etat burkinabè représente pour beaucoup d'africains ce que le Négus éthiopien Hailé Sélassié est pour les rastas : un modèle achevé de leader noir, panafricaniste de surcroît.

Leader révolutionnaire

Pour ces millions de jeunes qui l'adulent, Sankara est aussi un leader proche de son peuple, un féministe, un altermondialiste, bref un héros continental au même titre que Mandela.

Son souvenir est encore vivace à Ouagadougou, la capitale du Burkina Faso, et dans toutes les grandes villes du continent où son idéologie est perpétuée à travers la musique, l'art et la politique.

Le capitaine Thomas Sankara voulait appliquer au Burkina Faso, pays qui l'a vu naître en décembre 1949, une politique sociale mettant les intérêts du peuple au centre des politiques publiques.

Avec ses frères d'armes, il s'est très tôt frotté aux idéaux communistes.

Ndèye Khady LO

Sénégal : tournée du Fatah pour contrer l'influence d'Israël en Afrique

Pour essayer de contrer la volonté d'Israël de développer ses relations avec l'Afrique, le Fatah, le mouvement de libération de la Palestine du président Mahmoud Abbas, tente aussi de faire entendre sa voix sur le continent. Le parti a envoyé une caravane sillonner l'Afrique, caravane qui est en ce moment au Sénégal.

« Ethiopie, Afrique du sud... Ma visite est utile », affirme le représentant du Fatah, à Dakar. Uri Davis liste les pays qu'il parcourt depuis trois semaines : il y en aura dix au total.

A 74 ans, d'origine juive, cet anthropologue est membre du Fatah depuis 1984. Son premier objectif : tout faire pour empêcher Israël d'avoir, comme la Palestine, le statut d'observateur au sein de l'Union africaine (UA). « Israël devrait être rejeté, pas parce que ce pays s'appelle Israël mais parce que c'est le dernier état à appliquer l'apartheid. Et je mets au défi l'ambassadeur, dans ce pays ou un autre, de me prouver le contraire », lance-t-il.

Le sommet Afrique-Israël au Togo inquiète

Même s'il a été reporté, le sommet Afrique-Israël au Togo inquiète également la délégation du Fatah. Uri Davis adresse un message aux Etats qui souhaitent y participer : « J'appelle les pays qui hésitent à participer à l'initiative très négative lancée par le gouvernement du Togo, le sommet Afrique-Israël, à ne pas y participer », dit-il.

Uri Davis compte revenir sur le continent après ses premières prises de contact. Il appelle les organisations de la société civile à appuyer, à relayer, au quotidien, les difficultés du peuple palestinien.

Par RFI

Cameroun anglophone : aux origines de la crise

Depuis octobre 2016, une partie de la minorité anglophone camerounaise proteste contre Paul Biya car elle s'estime marginalisée. Mais il faut remonter à l’époque coloniale pour comprendre les raisons profondes de cette crise.

Depuis octobre 2016, la minorité anglophone, qui représente environ 20 % des 22 millions de Camerounais, répartie dans deux régions sur les dix que compte le pays, proteste contre ce qu'elle appelle sa "marginalisation" dans la société.

Outre les séparatistes qui réclament la proclamation d'un nouvel État l'"Ambazonie", des anglophones exigent le retour au fédéralisme qui a prévalu dans le pays entre 1961 et 1972, avec deux États au sein d'une même République.

Alors que l’exécutif oppose une fin de non-recevoir à ces deux revendications, le climat s'est tendu ces derniers jours. Selon Amnesty International, 17 personnes ont été tuées par les forces de sécurité en marge de manifestations, dimanche 1er octobre, dans plusieurs villes anglophones.

Mais quelles sont les raisons profondes de cette crise ?

• Les racines historiques de la crise anglophone

Après la Première Guerre mondiale, le Cameroun, alors colonie allemande, est partagé par la Société des nations (la SDN, ancêtre de l’ONU) entre la France et la Grande-Bretagne. Quatre cinquième du pays sont placés sous tutelle française, la Grande-Bretagne hérite de la partie occidentale bordant le Nigeria.

Le 1er janvier 1960, la partie francophone obtient son indépendance et devient la République du Cameroun. Un an plus tard, à l’issue d’un référendum, une partie du Cameroun sous tutelle britannique (Northern Cameroon) réclame son rattachement au Nigeria, tandis que l’autre partie (Southern Cameroon) se prononce en faveur de son rattachement à l'ex-Cameroun francophone.

Ces deux entités – la partie francophone et Southern Cameroon – forment alors une République fédérale à partir du 1er octobre 1961. Mais en 1972, le président Ahmadou Ahidjo décide de supprimer les deux États fédérés pour faire place à un seul État, avec une seule Assemblée nationale, et proclame la République unie du Cameroun. C'est à partir de cette époque que surgit un sentiment de marginalisation chez certains habitants anglophones du pays.

Dix ans plus tard, l’actuel président Paul Biya accède au pouvoir et prend alors de nouvelles mesures favorisant le centralisme. Le 22 août 1983, il divise la région anglophone en deux provinces : Nord-Ouest et Sud-Ouest. L’année suivante, il abandonne le terme "unie" à la République du Cameroun et supprime la seconde étoile sur le drapeau, qui représentait la partie anglophone.

Par Florence RICHARD

La compagne du tueur de Las Vegas affirme aux enquêteurs qu'elle ignorait tout de son projet

La compagne du tueur de Las Vegas assure qu'elle ignorait tout des funestes plans de Stephen Paddock, qui a abattu dimanche 58 personnes et en a blessé 489 autres.

Marilou Danley, la compagne du tueur de Las Vegas, ignorait tout du projet macabre de son conjoint, a-t-elle affirmé mercredi 4 octobre par le biais de son avocat après avoir été interrogée par le FBI.

Considérée comme l'unique "personne d'intérêt" dans l'enquête sur la fusillade la plus meurtrière de l'histoire des États-Unis, cette Australienne de 62 ans est arrivée mercredi à Los Angeles depuis les Philippines. "Il n'a jamais rien dit, ou fait, à ma connaissance, qui fasse penser en quoi que ce soit à un avertissement que quelque chose d'horrible (...) allait se produire", a déclaré Marilou Danley dans un communiqué lu à des journalistes par son avocat. "Cela ne m'a jamais effleuré l'esprit, de quelque manière que ce soit, qu'il préparait une action violente contre quiconque", a-t-elle ajouté. Son avocat, Matt Lombard, a assuré qu'elle "coopérait pleinement" avec le FBI et la police de Las Vegas.

Rien ne permet de lier le massacre au "terrorisme", a, par ailleurs, répété mercredi soir un responsable du FBI, lors d'une conférence de presse. Aucun complice présumé n'a été interpellé, a-t-il ajouté.

"Une vie secrète qui ne sera sans doute jamais totalement comprise"

Embusqué depuis une chambre d'hôtel au 32e étage, Stephen Paddock, un retraité de 64 ans qui avait amassé une quarantaine d'armes, a tué 58 personnes et en a blessé plus de 500 autres dimanche soir, dans un concert en plein air à Las Vegas. Il s'est ensuite donné la mort avant l'arrivée de la police qui, pour l'instant, n'a pas établi les motifs de son geste.

Les enquêteurs, qui n'ont pour le moment trouvé aucune trace de sa complicité, ont notamment interrogé Marilou Danley sur un virement de 100 000 dollars fait par Stephen Paddock vers les Philippines avant l'attaque, et l'ont questionné sur un éventuel changement de comportement de son conjoint. Elle a expliqué qu'il lui avait acheté un billet d'avion pour rendre visite à sa famille dans les Philippines et lui avait envoyé de l'argent pour y acheter un bien immobilier. Arrivée le 25 septembre dans les Philippines, elle pensait qu'il s'apprêtait à rompre avec elle, a-t-elle ajouté.

Le shérif du comté de Clark, Joseph Lombardo, a confié mercredi à des journalistes avoir du mal à croire que l'assaillant soit parvenu à assembler seul un tel arsenal. "Ce que nous savons, c'est que Stephen Paddock est un homme qui a passé des décennies à amasser des armes et des munitions, à vivre une vie secrète, qui ne sera sans doute jamais totalement comprise", a-t-il ajouté. Les enquêteurs s'intéressent notamment à l'achat de plus de 30 armes à feu par le retraité en octobre 2016, susceptible d'avoir été déclenché par un événement personnel, a-t-il poursuivi.

Donald Trump a loué mercredi à Las Vegas le courage des survivants du massacre qui ont risqué leur vie pour venir en aide à d'autres victimes alors que les balles continuaient à siffler.

France24

Le président catalan défie le roi, Madrid rejette tout "chantage"

Dans un discours de défiance, mercredi soir, le président de la Catalogne, Carles Puigdemont, a reproché au roi Felipe VI de ne pas avoir endossé le rôle de "modérateur". Madrid a officiellement rejeté la proposition de médiation du séparatiste.

Le président catalan, Carles Puigdemont, a pris la parole, mercredi 4 octobre au soir, pour réaffirmer son intention de "mettre en œuvre le résultat du vote" (du référendum d’autodétermination du 1er octobre) et de déclarer l’indépendance de la Catalogne, tout en adressant quelques critiques cinglantes au monarque espagnol, Felipe VI.

Ce dernier, la veille, avait formulé de vives critiques à l'égard des dirigeants catalans, les accusant notamment d'avoir bafoué "de façon répétée (...) et délibérée" la Constitution et de "mettre en danger la stabilité" de la Catalogne et de toute l'Espagne. Carles Puidgemont a, en retour, regretté que le roi "adopte le discours et les politiques du gouvernement (de Mariano) Rajoy qui ont été catastrophiques pour la Catalogne et ignore délibérément des millions de Catalans qui ne pensent pas comme eux".

"La constitution lui octroie un rôle de modérateur qu’il (Felipe VI) n’a pas endossé, a poursuivi Carles Puidgemont. Il a assumé un rôle inadéquat en soutenant les décisions du gouvernement espagnol, qui ne visent qu’à éteindre les aspirations du peuple catalan."

Madrid refuse le "chantage" de Puigdemont

Le dirigeant catalan a également réitéré son appel à une médiation. "Je dis que l’heure est à la médiation. (…) Paix et dialogue font partie de la culture politique de notre peuple mais nous n’avons jamais reçu de réponse positive du gouvernement à nos demandes", a-t-il regretté.

Un scénario qui a été officiellement rejeté mercredi soir par Madrid, du moins tant que le président séparatiste catalan ne retirerait pas sa "menace de rupture". "Si Carles Puigdemont veut parler ou négocier, ou envoyer des médiateurs, il sait parfaitement ce qu'il doit faire auparavant : se remettre dans le chemin de la loi, qu'il n'aurait jamais dû quitter", a déclaré le gouvernement dans un communiqué. Le gouvernement "n'acceptera aucun chantage", prévient le communiqué, qui ajoute à l'adresse de Carles Puigdemont : "Retirez la menace de la rupture".

Dimanche 1er octobre, à l'issue du référendum d'autodétermination déclaré illégal par Madrid, Puigdemont avait ouvert la voie à une proclamation d'indépendance, estimant que "les citoyens catalans avaient gagné le droit d'avoir un État indépendant sous la forme d'une république". Des dizaines de milliers de personnes ont défilé mardi dans les rues de la Catalogne, où une grève générale avait été décrétée par les indépendantistes pour dénoncer les violences policières lors du scrutin.

Reuters

Fusillade de Las Vegas : des interrogations à propos de la revendication de l’EI

L’organisation Etat islamique (EI) a revendiqué la fusillade de Las Vegas. Le FBI a déclaré qu’il n’y a pas de lien, « jusqu’à présent », avec une organisation terroriste.

L’organisation Etat islamique (EI) a revendiqué, lundi 2 octobre, par l’intermédiaire de son agence de propagande Aamaq, la fusillade de Las Vegas, qui a fait au moins 58 morts et plus de 500 blessés.

Cette agence, qui porte aujourd’hui la parole en plusieurs langues et l’image de l’EI, a utilisé sa phraséologie habituelle, évoquant, à propos de Stephen Paddock, l’auteur de cette fusillade, « un soldat de l’EI qui a répondu aux appels à viser des citoyens des Etats de la coalition qui combat l’Etat islamique ».

L’agence Aamaq a publié, quelques minutes plus tard, un second communiqué dans lequel elle a précisé – chose inhabituelle – que l’auteur de l’opération « s’[étai]t converti à l’islam il y a quelques mois ». La police fédérale américaine (FBI) a toutefois déclaré qu’elle ne disposait pas, « jusqu’à présent », d’éléments permettant d’établir un lien avec une organisation terroriste.

A ce stade, il faut bien entendu se montrer prudent. Un échange, même bref, entre une personne qui souhaite perpétrer une attaque (quelles que soient ses motivations) et un activiste de l’EI sur les réseaux sociaux est toujours possible.

Pour autant, on observe une évolution de la « politique de communication » de l’EI depuis quelque temps.

La diffusion de « preuves » est devenue moins automatique

Jusqu’à ces deux dernières années, l’EI avait toujours voulu renvoyer l’image d’une organisation qui ne revendique que les opérations qu’elle commet ou inspire. Elle le faisait notamment par son « agence de presse », Aamaq, qui avait pris l’habitude de fournir des « preuves », qu’il s’agisse d’un testament, d’une vidéo…

Désormais, ces « preuves » diffusées par les canaux de propagande de l’EI ne sont plus aussi automatiques que par le passé. Ce qui interroge sur la nature potentiellement opportuniste de certaines revendications, même si le groupe peut inspirer les passages à l’acte.

L’attentat de Nice, le 14 juillet 2016, qui fit 86 morts et près de 400 blessés, fut la première action revendiquée par les djihadistes sans qu’ils apportent la moindre preuve pouvant corroborer leurs dires.

Par Madjid Zerrouky

Le Nobel de médecine aux rythmes du vivant

Les Américains Jeffrey Hall, Michael Rosbash et Michael Young sont récompensés pour leurs travaux sur les mécanismes de l’horloge circadienne qui règle la vie sur un cycle d’environ une journée.

La terre tourne. C’est un fait établi et qui n’est pas sans conséquence : sur la planète, le jour alterne avec la nuit, avec les variations de luminosité et de température qui s’ensuivent. Les êtres vivants, des bactéries aux plantes en passant par les humains, s’y sont adaptés en développant une horloge biologique interne qui égrène les heures selon un rythme dit circadien, puisque selon son étymologie – littéralement « autour du jour » – il couvre les 24 heures d’une journée. Grâce à cette adaptation, les organismes optimisent leur fonctionnement, notamment en sécrétant à des moments précis du ­cycle diverses hormones. Et les dysfonctionnements de cette horloge favorisent notamment les maladies métaboliques et les cancers.

Si l’existence de ces cycles est connue depuis plusieurs siècles, cette horloge biologique n’a été mise en évidence qu’à partir des années 1970. Elle s’appuie sur des mécanismes moléculaires complexes, élucidés par les trois chercheurs récompensés, lundi 2 octobre, par le prix Nobel de médecine : Jeffrey Hall, Michael Rosbash et Michael Young, qui ont essentiellement travaillé sur des mouches du vinaigre, les ­célèbres drosophiles.

Reconnaissance du domaine

« C’est une excellente nouvelle, que j’attendais depuis longtemps pour un domaine pas très bien considéré par les institutions scientifiques, se ­réjouit Francis Lévi, directeur de recherche émérite du CNRS au laboratoire Plasticité du cerveau (CNRS-ESPCI Paris). Ces trois chercheurs ont démonté les mécanismes de l’horloge circadienne moléculaire chez la drosophile. Leur présence en a été confirmée chez les mammifères. Elle n’avait donc rien d’un fantasme, comme ­certains le pensaient. »

Ce sont en effet des travaux importants, puisque de nombreux gènes sont régulés par notre horloge biologique et que notre physiologie est étroitement ajustée aux différentes phases de la journée. Sans elle, notre schéma de sommeil, notre comportement alimentaire,...

Par Paul Benkimoun

L’Espagne et la Catalogne plongent dans l’inconnu

Carles Puigdemont, le président catalan, veut enclencher le processus d’indépendance de la région après la victoire du oui au référendum, jugé illégal par le gouvernement espagnol.

Et maintenant ? Le scénario des événements de dimanche 1er octobre était écrit d’avance. Le premier ministre espagnol, Mariano Rajoy, avait prévenu qu’il ne laisserait pas s’organiser, au mépris de la loi et de l’autorité de l’Etat, le référendum sur l’indépendance de la Catalogne, interdit par la Cour constitutionnelle espagnole. Le président catalan, Carles Puigdemont, l’a maintenu envers et contre tout, au nom de la « légitimité populaire » et de l’« engagement » pris envers ceux qui ont porté au pouvoir la coalition indépendantiste en Catalogne, en septembre 2015.

L’escalade verbale entre les deux hommes, incapables d’engager un quelconque dialogue, annonçait ainsi depuis des mois un choc inévitable. Ce dernier a finalement eu lieu le 1er octobre lorsque la police nationale a chargé sur des Catalans qui voulaient ­voter. Ses conséquences sont à présent ­imprévisibles.

Le président de la Catalogne a laissé peu de place au doute quant à son intention de proclamer l’indépendance de la région espagnole dans le courant de la semaine. « En ce jour d’espoir et de souffrances, les citoyens catalans ont gagné le droit d’avoir un Etat indépendant sous la forme d’une république », a-t-il déclaré lors une allocution télévisée, avant même la publication des résultats, insistant sur les « atteintes aux droits et libertés » qui se sont produites dans la journée. A maintes reprises, dans son discours, il a mentionné l’Europe, demandant une médiation internationale. Mais il a aussi laissé entendre qu’il n’attendra pas celle-ci pour agir et qu’il « transmettra dans les prochains jours les résultats du scrutin au Parlement catalan, afin qu’il puisse agir conformément à la loi référendaire ».

« Processus long et laborieux »

D’après cette loi polémique, sorte de mini-Constitution liquidant à la fois la Loi fondamentale espagnole et le statut d’autonomie catalan, approuvée sans débat le 7 septembre au Parlement régional par une majorité simple et suspendue par le Tribunal constitutionnel, la sécession doit être proclamée dans les 48 heures suivant la publication des résultats, si le oui l’emporte.

Sauf surprise majeure, la coalition indépendantiste Junts pel si (« Ensemble pour le oui ») et la Candidature d’unité populaire (CUP, extrême gauche) devraient proclamer l’indépendance de la Catalogne mercredi 4 octobre. Selon leur programme s’ensuivrait ensuite un « processus constituant » de négociation entre les différents partis et avec l’Etat. Après plusieurs mois, le projet de Constitution qui en émanerait serait soumis à une nouvelle assemblée, dite constituante, formée après de nouvelles élections. Selon un dirigeant de Ciudadanos, le principal parti d’opposition, « le gouvernement catalan pourrait en quelque sorte essayer d’appliquer dès mercredi l’équivalent de l’article 50 pour le Brexit : l’ouverture d’un processus de négociation long et laborieux qui lui permettrait en fait de gagner du temps pour chercher des soutiens dans la communauté internationale et essayer de renforcer encore le bloc indépendantiste, en marge de la CUP, qui est un allié gênant pour son image… »

Quelle sera la réponse de Madrid ? Il semble improbable que Mariano Rajoy laisse passer une déclaration d’indépendance sans réagir. En cas de sédition, la loi lui permet de suspendre l’autonomie de la Catalogne et de prendre le contrôle de la police régionale, les Mossos d’Esquadra. La déclaration d’indépendance pourrait aussi conduire les juges à procéder à l’arrestation de Carles Puigdemont et des membres du gouvernement, déjà mis en examen pour détournement de fonds publics pour l’organisation du référendum. « Si cela se produit, l’Etat de droit aura vaincu mais le système politique de l’Espagne, celui des régions autonomes, aura perdu, affirme le journaliste Xavier Vidal-Folch, auteur de plusieurs ouvrages sur la question catalane. Et il faudra de nombreuses années pour le recoudre et réparer les fractures de la société. »

Les principaux syndicats ont appelé à une grève générale en Catalogne, mardi 3 octobre, pour protester contre les violences policières. Et les puissantes associations indépendantistes ont envoyé un avertissement à M. Puigdemont. « Nous attendons tout de votre engagement : Président, ne nous faites pas défaut », a déclaré dimanche soir devant une foule enthousiaste, place de la Catalogne, à Barcelone, Jordi Sanchez, le président de l’Assemblée nationale catalane (ANC), à l’origine des manifestations monstres qui ont lieu chaque année pour la Diada (la fête nationale catalane).

La fuite en avant des indépendantistes et le manque de vision du chef du gouvernement espagnol, Mariano Rajoy, cadenassé derrière une lecture uniquement juridique de la crise la plus grave qu’ait connue son pays en quarante ans de démocratie, font craindre le pire. Persuadé que la reprise économique ramènerait les Catalans « à la raison », et que les divisions internes au sein du bloc indépendantiste feraient exploser leur fragile unité, M. Rajoy a attendu que le temps règle les choses. La seule proposition que sont prêts à accepter les indépendantistes est l’organisation d’un véritable référendum d’autodétermination légal. Le temps des négociations sur le système de financement et l’amélioration du statut d’autonomie est passé, disent-ils. « Celui qui renonce à l’indépendance meurt immédiatement politiquement », affirme un dirigeant de la Gauche indépendantiste catalane (ERC).

Par Sandrine Morel

Cuba : Washington rappelle 60% de son personnel d'ambassade après des «attaques»

Les autorités américaines ont annoncé ce vendredi 29 septembre qu’elles rappelaient plus de la moitié de son personnel de l’ambassade à La Havane suite à plusieurs cas mystérieux de maladies ayant affecté des diplomates américains en poste à Cuba. Pour les autorités cubaines, la décision des Etats-Unis est « précipitée » et va nuire aux « relations » entre les deux pays.

« Tant que le gouvernement de Cuba ne pourra pas assurer la sécurité du personnel gouvernemental américain à Cuba, notre ambassade sera limitée au personnel indispensable afin de minimiser les risques d'exposition », a annoncé ce vendredi un haut responsable du département d'Etat américain.

La décision a été prise suite à série d’attaques acoustiques qui ont touché 21 membres de l’ambassade américaine de La Havane. Ces attaques aux ultrasons auraient débuté fin 2016. Dans certains cas, elles auraient occasionné des pertes auditives définitives, ainsi que d’autres symptômes comme des nausées, des maux de tête et des vertiges, selon les médias américains.

Ces attaques n’ont pas été perpétrées sur des téléphones de l’ambassade, mais sur des appareils dans les logements de ces fonctionnaires. Un diplomate canadien a également été concerné. La dernière attaque a été perpétrée en août dernier.

Les autorités cubaines disent avoir travaillé sur ce dossier, mais avouent ne pas savoir d’où proviendraient ces appels. Face au sur-place des autorités dans cette enquête, les Etats-Unis ont décidé de restreindre leur présence à Cuba en rappelant 60 % du personnel de leur ambassade. Les autorités américaines ont également annoncé la suspension pour une durée indéterminée l'octroi de visas de routine à Cuba et ont appelé leurs ressortissants à éviter de se rendre sur l'île en raison des risques liés à ces attaques.

Le secrétaire d'Etat américain Rex Tillerson a déclaré ce vendredi que Washington maintenait ses relations avec Cuba malgré les « attaques ».

Par RFI

Les Nations unies face à l'imprévisible Trump

Le président américain, grand perturbateur de l'ordre mondial, prononce ce mardi à New York un discours très attendu sur les affaires internationales devant l'ONU.

Lorsque Donald Trump montera pour la première fois à la tribune des Nations unies ce mardi, un frisson de suspense parcourra cette assemblée de 193 pays. Quel message le champion de «l'Amérique d'abord» voudra-t-il adresser au monde? L'exercice s'annonce comme le point d'orgue d'une année qui a vu les États-Unis bousculer beaucoup de certitudes de l'après-guerre froide. «Le monde sera tout ouïe», dit Zalmay Khalilzad, ancien ambassadeur à l'ONU sous George W. Bush.

L'ambassadrice actuelle Nikki Haley, qui a lu le projet de discours, estime qu'il «cajole et bouscule les bonnes personnes. Le monde va se rendre compte que nous sommes solides et forts». Selon H.R. McMaster, conseiller à la sécurité nationale, Donald Trump mettra l'accent sur trois objectifs, dont deux sont banals - la paix et la prospérité -, mais dont le dernier est sujet à interprétation: «La souveraineté et la responsabilité sont les fondements de la paix et de la prospérité», assène le général.

L'argument de la souveraineté est généralement l'apanage des autocrates qui ne veulent pas qu'on leur fasse la leçon sur les droits de l'homme. Pour le président américain, c'est avant tout une mise en garde que les pressions internationales ne l'empêcheront pas de faire ce qu'il veut. «L'Amérique respecte la souveraineté des nations et attend que les autres en fassent autant», prévient McMaster. Trump se met ainsi au diapason du Chinois Xi Jinping et du Russe Vladimir Poutine - mais ni l'un ni l'autre n'est attendu cette année à New York pour la 72e Assemblée générale.

Le président américain s'est taillé une réputation de perturbateur, imprévisible et indifférent à l'ordre établi. Il se montre toutefois plus prudent en actes qu'en paroles. S'il a retiré son pays de l'Accord de Paris sur le climat - tout en envisageant d'y revenir moyennant certains changements - et forcé la renégociation de l'Alena avec le Canada et le Mexique - qu'il avait promis d'abroger -, il s'est gardé jusqu'ici de décisions irréversibles. «Le feu et la fureur» de frappes préventives contre la Corée du Nord, la dénonciation de l'accord nucléaire avec l'Iran ou une guerre commerciale avec la Chine restent à l'état de menaces. «Ce n'est pas le moment pour lui d'aggraver les tensions avec la communauté internationale, car il a besoin d'une ONU unie face à Pyongyang», fait valoir Julian Zelizer, professeur d'histoire politique à Princeton.

«Un club pour papoter et prendre du bon temps»

Cela laisse aux partenaires de Washington l'espoir de l'influencer. Emmanuel Macron s'y est employé dès lundi, notamment sur l'Iran, au menu du premier rendez-vous bilatéral de Trump, mais aussi pour privilégier les pressions diplomatiques sur la Corée du Nord ou envisager une stratégie pour l'après-guerre en Syrie. Les deux hommes, qui affichent une certaine complicité depuis les cérémonies du 14 Juillet dernier, risquent toutefois d'apparaître en concurrence ce mardi, où leurs discours respectifs se succéderont à quelques heures d'intervalle. Le président français, qui fait aussi ses débuts à l'ONU, pourrait tirer avantage de la comparaison devant un public plus habitué aux visions inspirées qu'aux admonestations.

Donald Trump n'est pas un grand partisan des organisations internationales, et il s'est montré très critique de l'ONU dans le passé. Il a décrit l'organisation comme «un club pour papoter et prendre du bon temps», aux dépenses «hors de contrôle», frappé de «faiblesse et d'incompétence totale». Il prend conseil sur le sujet auprès de John Bolton, ancien ambassadeur de Bush, qui voue l'institution aux gémonies. Mais, assure Nikki Haley, «le président a toujours pensé qu'elle avait un grand potentiel et maintenant le monde le voit. C'est une nouvelle ère à l'ONU, on ne se contente pas de parler, on agit», dit-elle, s'attribuant le mérite du changement.

«Il veut la soumission aux objectifs des États-Unis, qui sont de réduire les coûts, mettre fin au programme nucléaire nord-coréen, maintenir la pression sur l'Iran et écraser l'islamisme radical»

Ayant déjà réduit la contribution américaine au budget général et aux opérations de maintien de la paix, Trump s'est impliqué personnellement en faveur d'une réforme de l'organisation, lors d'une réunion lundi de 120 pays. «Au cours des dernières années, les Nations unies n'ont pas atteint leur plein potentiel à cause de la bureaucratie et une mauvaise gestion», a-t-il déclaré lors de l'adoption d'une déclaration politique en dix points poussant l'Organisation à se réformer. «L'ONU doit se concentrer plus sur les gens et moins sur la bureaucratie», a-t-il insisté.

Par Philippe Gélie